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voyageur, Orolaunum

Le rôle de la philosophie

Tous les observateurs antiques s'accordent sur la ressemblance mutuelle de la philosophie druidique et celle de l'école de Pythagore. Les anciens prétendent ici que Pythagore ait été élève des druides, là que les druides ait été ceux de Pythagore, mais personne n'a désavoué l'idée d'une concorde étonnante entre ces écoles.

On sait d'ailleurs que les Gaulois s'enthousiaient pour l'éducation classique. Dès le début de l'Empire romain, Marseille accueillait de nombreux étudiants en rhétorique, philosophie, logique, littérature etc, dont certains diplômés poursuivaient de plus hautes études à Rome ou à Athènes. Par la suite, Autun, Bordeaux et d'autres centres se sont distinguées en éducation. On compterait comme d'autorités dans ces écoles notamment Platon, Aristote, Cicéron. Les œuvres de ces pieuses et brillantes âmes ne sauraient que nous conduire vers la lumière des dieux, même s'ils n'aient jamais mis pied sur la terre de la Gaule.

Mais c'est le néoplatonisme qui serait, à mon avis, le plus révélateur pour nous. Ce mouvement hérite, et tend de faire une synthèse, de toute la philosophie antique – aristotélienne, platonique, pythagoricienne, stoïque. C'est en effet à travers le néoplatoniste Jamblique que proviennent nos meilleures connaissances du pythagorisme. Le néoplatonisme est d'ailleurs issu d'un univers romain cosmopolite où on ne saurait isoler la Gaule des autres pays de l'Empire. Dans les faits, on connait deux néoplatonistes intimément liés à la Gaule : l'empereur Julien, qui s'est couvert de gloire pendant sa carrière en Gaule, et son collaborateur Salluste, auteur du joli exposé « Des Dieux et du monde », lui-même probablement un Gaulois érudit. Les œuvres néoplatoniques, composées majoritairement dans l'Orient et en grec, ont donc un intérêt particulier pour nous qui nous intéressons aux idées gauloises.

J'ai remarqué que la mythologie peut stimuler nos âmes à s'orienter vers la providence des dieux, et ainsi à la recevoir. Ce n'est pas moins le cas pour la philosophie, qui éclaircit d'innombrables questions sur les plus hautes natures tout en posant des autres plus profondes. On peut alors s'adresser aux dieux d'un esprit d'autant plus conscient, humble et équilibré. Comment les vrais sages païens concevaient le divin – c'est là une question clé pour nous polythéistes modernes, un point de départ indispensable. Évidemment les tendances obscurcissantes du pseudomysticisme celtomane ne saurait y faire la moindre réponse.

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